La chapelle saint Antoine

Historique

La chapelle Saint-Antoine est probablement antérieure au 15e siècle. Elle est attestée en 1517. Le transfert de la paroisse y est réalisé en 1564 par l’évêque de Senez Jean Clausse qui ordonne son agrandissement. L’état d’origine aurait comporté d’une abside carrée , et d’une nef d’une travée, l’une et l’autre couvertes de berceaux en plein-cintre. Ces caractères architecturaux signalent une construction de la fin du Moyen-âge. L’agrandissement réalisé vers 1574 aurait dans ces conditions allongé la nef de deux nouvelles travées, la première accostée d’un clocher-tour carré.
Le voisinage d’un ruisseau et du canal du moulin ont causé pendant des années le pourrissement des maçonneries, obligeant à de fréquentes campagnes de réparation aux 17e et 18e siècles. En 1605 le seigneur de Barrême fit construire la première chapelle latérale, à l’est de la 2ème travée de la nef, sous le double vocable de Notre-Dame de Pitié et Saint Antoine. En 1640 est construite la 2ème chapelle latérale, dédiée à saint Eloi et à la Vierge du Rosaire, pour la confrérie fondée la même année.
En 1643 la sacristie est construite à côté du choeur.
Un chantier de consolidation de la façade et du clocher est confié en 1654 au maître maçon Jean-Baptiste Bourrillon. Dans la première moitié du 19e siècle, la situation empire encore. En 1846, l’évêque met en interdit toute l’église et s’efforce de convaincre les habitants de construire un nouvel édifice. Un projet de reconstruction sur les plans de l’architecte italien Piattini est ajourné en raison des événements de 1848. Une nouvelle mise en interdit prononcée en mai 1863 aboutit à l’élaboration de nouveaux plans et à la construction de l’église paroissiale actuelle. L’ancienne église n’est pas pour autant démolie. Amputée du clocher, de la vieille sacristie, d’une partie de la 1ère travée de la nef et des chapelles latérales, recoupée par un plancher, elle est convertie en mairie en 1879 par l’entrepreneur Frédéric Blanc.
Aujourd’hui abandonnée par les services municipaux, elle sert de salle de réunion et de spectacle.

Description

Édifice composé d’une nef et d’une abside, accostées à l’est de deux chapelles latérales et à l’ouest d’une sacristie, recoupé par un plancher auquel donne accès un escalier droit appuyé contre le mur ouest de la nef, le volume a cependant conservé son unité, mais sa lisibilité est fortement réduite par les percements et les enduits au ciment (externes) ou au plâtre (internes) qui recouvrent uniformément la maçonnerie. La nef comprenait 3 travées (la 1ère est réduite au tiers de sa longueur primitive) voûtées en berceau plein-cintre sur deux doubleaux à simple rouleau et animées de part et d’autre par des arcades en plein-cintre aveugles du côté ouest, prolongées par les chapelles latérales du côté est.
Le sol a été exhaussé de plus d’un mètre, nécessitant la construction d’un escalier extérieur de 5 marches devant la porte principale au sud. L’abside rectangulaire, précédée d’un arc triomphal à double rouleau, est également couverte d’un berceau en plein-cintre à peine plus bas (0,30 m) que celui de la nef. Son sol a été davantage surélevé et domine de 3 marches celui de la nef.
Une arcade aveugle en plein-cintre anime son mur est, une porte et 4 marches pratiquées dans le mur ouest donnent accès à l’ancienne sacristie, étroit volume plafonné qui sert aujourd’hui de loge et de toilettes. Les deux chapelles latérales qui flanquent les 2e et 3e travées de la nef ont été amputées des deux tiers au moins de leur volume, il n’en reste qu’une amorce de 1,35 m de profondeur, également voûtée en berceau plein-cintre. Toutes les ouvertures ont été refaites, en particulier les fenêtres oblongues à contrevents pliants en bois. Grâce à la dénivelée naturelle du terrain, l’étage a été doté d’une entrée autonome percée dans le mur nord. Le toit à un seul pan appuyé contre l’élévation de la maison voisine à l’ouest est couverte d’onduline.

Historique détaillé

Origine
On ignore la date de fondation de la chapelle Saint-Antoine, elle n’est pas mentionnée avant 1517, dans le testament d’un habitant de Barrême. Quoique Cruvellier la fasse remonter avant 1040, on ne peut raisonnablement situer sa création avant le 15e siècle, au moment où le bourg prend de l’ampleur et où le culte de saint Antoine se développe.
Le choix de cette chapelle, de préférence à celle de Notre-Dame du Pont, pour remplacer l’église paroissiale Saint-Jean restée sur la colline tient probablement compte de son état relativement neuf et de sa situation en bordure du bourg, à un endroit suffisamment dégagé pour permettre l’implantation du cimetière.

Transfert de la paroisse au 16e siècle

Effectif depuis plusieurs années déjà en 1557, le transfert de la paroisse fut officialisé en 1564 par l’évêque de Senez Jean Clausse. L’agrandissement ordonné alors par le prélat fut réalisé dix ans plus tard aux frais des décimateurs, c’est-à-dire l’évêque lui-même et le prieur.
L’état d’origine aurait donc comporté une abside carrée d’environ 4,5 m de large et une nef d’une travée d’environ 5 m de large, l’une et l’autre couvertes de berceaux en plein-cintre culminant à 6 m de hauteur. Ces caractères architecturaux signalent une construction de la fin du Moyen-âge.
L’agrandissement réalisé vers 1574 aurait dans ces conditions allongé la nef de deux nouvelles travées, la première accostée d’un clocher-tour carré de 4 m de côté pour 24 m de hauteur totale.
Travaux des 17e et 18e siècles
Admirablement situé à l’extrémité est du bourg, l’édifice souffrit toute son existence du voisinage d’un ruisseau et du canal du moulin (aujourd’hui canalisés et recouverts) qui longeaient ses côtés nord et est et dont les débordements fréquents pourrissaient les maçonneries mal protégées par le mortier au plâtre de la tradition locale. En 1602, déjà, tous les enduits étaient à refaire et il fallut qu’un particulier offrit 200 setiers de chaux pour décider la commune à faire les travaux en 1605.
Le seigneur de Barrême fit à cette occasion construire la première chapelle latérale, à l’est de la 2ème travée de la nef, sous le double vocable de Notre-Dame de Pitié et saint Antoine. En 1640 eut lieu une réfection de la porte de l’église, où l’on replaça « l’ancienne pierre aux trois fleurs de lys », probablement un linteau monolithe délardé en accolade et orné de fleurs de lys gravées. La même année fut construite la 2ème chapelle latérale, dédiée à saint Éloi et à la Vierge du Rosaire, pour la confrérie fondée la même année et dirigée par l’historien Honoré Bouche. La rangée est complétée en 1643 par une sacristie contiguë au chœur de l’église.
Un nouveau chantier de consolidation de la façade et du clocher fut confié en 1654 au maître maçon Jean-Baptiste Bourrillon pour la somme de 700 livres. Tout au long du 18e siècle, les évêques en visite à Barrême dénoncent le mauvais état de l’église, trop étroite (malgré la construction d’une tribune), trop basse, trop obscure et perpétuellement humide, et l’inertie des responsables, la communauté pour une part, le prieur pour l’autre. Dès 1703, la 1ère chapelle latérale, celle des seigneurs, est interdite et le reste jusqu’à la Révolution. Celle de saint Eloi, interdite de même en 1703, est remise en état par la confrérie du Rosaire avant 1722.

19e siècle : projet de reconstruction avorté et reconversion en mairie

Dans la première moitié du 19e siècle, la situation empire encore. En 1846, l’évêque met en interdit toute l’église pour obliger la commune à faire les réparations indispensables et s’efforce de convaincre les habitants de construire un nouvel édifice. Une somme de 5000 francs est effectivement inscrite au budget de 1847 et le plan de reconstruction dessiné par l’architecte italien Piattini accepté, mais les événements de 1848 font ajourner le projet. La commission administrative qui remplace alors le conseil municipal révoqué par le préfet obtient la levée de l’interdit moyennant des réparations partielles.
Mais l’abaissement du sol de 0,25 m alors pratiqué dans tout l’édifice ne fait qu’empirer les choses en favorisant la remontée de l’humidité et la nouvelle sacristie construite à l’ouest ne donne pas satisfaction.
L’opération a du moins le mérite de démontrer clairement l’impossibilité de reconstruire l’église in situ.
La nouvelle mise en interdit prononcée en mai 1863 aboutit à l’élaboration de nouveaux plans et à la construction de l’église paroissiale actuelle. L’ancienne église n’est pas pour autant démolie. Amputée du clocher, de la vieille sacristie, d’une partie de la 1ère travée de la nef et des chapelles latérales, recoupée par un plancher, elle est convertie en mairie en 1879 (Frédéric Blanc entrepreneur).
Aujourd’hui abandonnée par les services municipaux, elle sert de salle de réunion et de spectacle.

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